Un courrier ou un message du constructeur annonce un rappel, et la date du contrôle technique approche. Depuis le 1er janvier 2026, les deux démarches se croisent : le contrôle technique vérifie si le véhicule est concerné par une campagne de rappel qualifiée de grave par le constructeur, par exemple pour un airbag Takata. Un autre article du site aborde le sujet sous l'angle de la convocation : ce qu'un rappel constructeur change au contrôle technique.
Les règles ci-dessous valent pour les voitures (catégorie M1) et les camionnettes (catégorie N1) de PTAC inférieur ou égal à 3,5 tonnes.
La réponse courte
Si le véhicule est concerné par un rappel grave et classé en stop drive sans avoir été réparé, le contrôleur relève une défaillance critique : résultat R, contre-visite obligatoire, et le véhicule ne peut plus circuler dès le lendemain du contrôle tant qu'il n'est pas réparé. Si le rappel est grave sans être en stop drive, un commentaire sur le procès-verbal invite à vérifier que les réparations nécessaires ont été faites. Le reste du contrôle est inchangé.
Ce que le contrôleur vérifie depuis le 1er janvier 2026
Les 133 points de contrôle comprennent l'identification du véhicule, dont la campagne de rappel. Cette vérification découle du décret n° 2025-1180 du 8 décembre 2025 et de l'arrêté du 8 décembre 2025. Ce dernier crée la défaillance critique 0.7.a.1.3 pour un véhicule concerné par une campagne de rappel grave et déclaré en stop drive par le constructeur. Il fixe aussi le libellé du commentaire porté sur le procès-verbal pour un véhicule concerné par un rappel grave mais non déclaré en stop drive.
Le stop drive est une mesure de rappel urgent prise par le constructeur en raison d'un danger potentiellement mortel : il est demandé au propriétaire ou au locataire de cesser immédiatement d'utiliser le véhicule.
L'extension du contrôle à d'autres catégories de véhicules, notamment les deux-roues motorisés, est présentée dans l'article sur la réglementation 2024. La vérification des rappels graves relève d'un texte distinct, le décret du 8 décembre 2025.
Le contrôleur continue d'examiner l'état réel du véhicule : un défaut visible ou mesurable sur le freinage, la direction, les feux, le châssis ou les émissions est relevé quelle que soit son origine, rappel ou non.
Trois situations, trois suites
| Situation du véhicule | Ce qui est porté au contrôle | Suite à prévoir |
|---|---|---|
| Non concerné par une campagne de rappel grave | Aucune mention liée au rappel | Rien de spécifique ; le contrôle porte sur les 133 points habituels |
| Concerné par un rappel grave, sans stop drive | Un commentaire sur le procès-verbal invite à vérifier que les réparations nécessaires ont été faites | Faire réaliser la réparation prévue par la campagne et conserver le justificatif d'intervention |
| Classé en stop drive et non réparé | Défaillance critique 0.7.a.1.3 : résultat R, contre-visite obligatoire | Ne plus conduire le véhicule, le faire réparer, puis présenter la contre-visite ; il ne peut plus circuler dès le lendemain du contrôle tant qu'il n'est pas réparé |
Avant le rendez-vous : ordre d'action
- Lisez le courrier du constructeur et cherchez si le véhicule est classé en stop drive, c'est-à-dire s'il vous est demandé de cesser immédiatement de l'utiliser. Dans ce cas, ne le conduisez plus et organisez son acheminement vers l'atelier sans le faire rouler.
- Faites réaliser la réparation prévue par la campagne et conservez le justificatif d'intervention, pour pouvoir justifier que les réparations ont été faites.
- Gardez en tête la date limite de votre contrôle et ne la repoussez pas pour attendre un créneau d'atelier. Dépasser l'échéance expose à une amende forfaitaire de 135 euros, pouvant aller jusqu'à 750 euros selon Service Public, et à une immobilisation : voir l'article sur l'amende forfaitaire pour défaut de contrôle technique.
- Préparez vos coordonnées (nom, prénom, adresse postale, adresse électronique, téléphones fixe et portable) : le contrôleur doit vérifier avec vous qu'elles sont exactes, afin que le constructeur puisse vous joindre rapidement en cas de rappel grave.
- Apportez l'original de la carte grise.
Après le contrôle : dates et preuves
Avec un résultat R, la validité du contrôle est limitée au jour du contrôle. Le délai de 2 mois est celui de la contre-visite et ne donne pas le droit de continuer à rouler. Exemple de Service Public : un contrôle du 14 mai 2026 avec défaillance critique est limité au 14 mai 2026, et la contre-visite doit avoir lieu le 13 juillet 2026 au plus tard. Reprenez la date inscrite sur le procès-verbal plutôt que de la recalculer.
Le timbre de la carte grise indique le résultat et la date limite de validité. La vignette du pare-brise reprend cette date mais n'est pas une preuve du contrôle, comme l'explique la page comprendre la vignette du contrôle technique. Pour la contre-visite, présentez l'original du procès-verbal défavorable et la carte grise.